Screenbox

ScreenBox est un espace de diffusion unique, créateur de nouvelles synergies entre les professionnels du septième art, le public & le milieu associatif.

A travers l’interview à lire ci-dessous, les fondatrices Anne Kennes & Séverine Konder nous en racontent un peu plus …

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Comment est né le projet Screenbox ? Y avait-il un manque à combler ?
Anne & Séverine  : Cela fait plusieurs années que nous nous consacrons à promouvoir le documentaire en Belgique pour permettre de créer des liens entre ce genre cinématograhique et le public. Nous avons déjà diffusé plus d’une trentaine de films depuis que nous collaborons. En effet, nous sommes persuadées, depuis longtemps, que le documentaire intéresse les spectateurs mais qu’il n’est pas toujours reconnu à sa juste valeur. En 2017, nous avons décidé de structurer et professionnaliser notre démarche via le projet ScreenBox et nous avons été soutenues financièrement par le Centre du Cinéma, ce qui est une vraie reconnaissance pour notre travail et nous permet de mieux défendre encore les films que nous accompagnons. Il ne faut peut - être pas parler de manque mais nous constatons que notre démarche intéresse beaucoup de producteurs & réalisateurs et nous avons de plus en plus de demandes. Il n’y a pas de distributeurs officiels de documentaires ; nous ne sommes pas distributeur commercial mais structure de diffusion. Cependant, dans les faits, le travail reste quasiment le même.

Vous proposez essentiellement des documentaires, y a-t-il une raison à cela ?
Anne & Séverine  : C’est un genre que nous apprécions particulièrement et qui s’inscrit dans l’histoire cinématographique de notre pays. La Belgique est reconnue pour ses productions documentaires à l’étranger. On a tendance à l’oublier. Il est clair que le documentaire n’a pas toujours le soutien qu’il mérite. De plus, pour nous, au-delà de sa richesse cinématographique, le genre documentaire a une utilité publique et sociétale qui permet très souvent d’ouvrir le débat et de faire évoluer les mentalités. Cette démarche est une de nos spécificités : permettre que le documentaire fasse écho et fasse avancer les choses.

Quelles sont les particularités de Screenbox ?
Anne & Séverine : Nous accompagnons les films dans leur spécificité. Chaque sortie de film est unique et nous travaillons en profondeur les publics et les relais de diffusion pour chaque film en fonction de leur sujet, de leur forme & de leur contenu. Notre démarche est d’aller chercher les publics, de créer des ponts entre eux et de chaque fois chercher des nouveaux lieux de diffusion. Nous travaillons énormément avec le secteur non-marchand et mobilisons des associations, des écoles et/ou des collectivités en fonction de la thématique du film. Pour chaque projet, nous créons ainsi un nouveau réseau de personnes intéressées. Certaines collaborations sont ponctuelles, et d’autres se montrent intéressées par notre catalogue sur le long terme.

A qui s’adresse Screenbox ?
Anne & Séverine : A la fois au public belge, principalement francophone pour leur permettre de découvrir des films qui n’ont pas toujours une grande notoriété mais notre démarche s’adresse également aux cinéastes et producteurs avec qui nous travaillons et aux divers opérateurs culturels, salles de cinéma, centres culturels, associations, écoles …

Comment aimeriez-vous que le projet évolue ? Quel est l’objectif idéal ?
Anne & Séverine : Il y aura toujours bien entendu des films de qualité à défendre. Si cela est rassurant pour l’avenir, c’est néanmoins un challenge ! Actuellement, nous devons souvent refuser des projets, essentiellement par manque de temps. Nous aimerions donc développer davantage la structure et pouvoir renforcer l’équipe et cela nécessite des ressources financières supplémentaires. Un projet encore plus stable nous autoriserait à soutenir plus de films, à les amener plus loin et à toucher un public encore plus vaste et diversifié. Cela nous permettrait d’augmenter le nombre de films dans notre catalogue et de tisser davantage de partenariats avec les publics, les associations et les opérateurs. Agrandir notre réseau.

Quel impact un projet comme Screenbox peut-il amener dans le champ cinématographique en Belgique, ou plutôt, dans le rapport entre le public et le cinéma ?
Séverine & Anne  : Nous souhaitons créer du lien et permettre à la fois au public et aux réalisateurs de se rencontrer, que les films servent aussi au-delà de leur aspect artistique et qu’ils puissent avoir un réel impact sur l’évolution des mentalités et amener vers un changement. Permettre aussi au public de découvrir des films qu’ils n’auraient pas l’occasion de voir dans les circuits classiques de distribution. Attirer le public vers les salles et augmenter ainsi leur intérêt pour le cinéma d’auteur, en leur proposant des soirées spéciales accompagnées par la/le réalisatrice ou un spécialiste du sujet, c’est aussi une spécificité de notre démarche.

Quel a été l’élément déclencheur de votre passion pour le cinéma ?
Anne  : Toute petite, on regardait déjà de nombreux films documentaires à la maison et j’ai toujours été fortement intéressée par la mise en images du réel. Mon intérêt pour en faire mon métier est lié à une très belle rencontre que j’ai faite pendant mon adolescence avec une personne importante issue de la production documentaire belge, celle-ci m’a fait découvrir davantage l’aspect artistique du documentaire. Elle m’a beaucoup appris. Dans le cadre de mes études de journalisme à l’IHECS, je me suis consacrée davantage à l’image et au poids de celles-ci, je suis partie en Afrique du Sud pour réaliser un documentaire comme mémoire de fin d’étude. Puis, de rencontres en rencontres, j’ai eu l’occasion de travailler dans des festivals pour promouvoir le genre documentaire et c’est ainsi que j’ai décidé de m’associer à Séverine pour créer ScreenBox.

Séverine  : Le monde de l’image m’a toujours passionnée. Dans le cadre de mes études à l’ULB, mon sujet de mémoire portait d’ailleurs sur l’analyse des images en tant que critère de sélection de l’actualité internationale au sein des journaux télévisés. Suite à ce travail, je voulais me consacrer à des formats qui permettent aux réalisateurs d’avoir une plus grande marge de créativité et de liberté et d’aborder de façon plus approfondie des thématiques diverses, d’où mon investissement pour la diffusion de courts métrages et de documentaires. Cette passion est à l’origine de la création de l’asbl Bah Voyons en 2011.

Qu’avez-vous appris de Vos expériences antérieures ?
Séverine  : Voilà 8 ans que je m’investis énormément pour les différents projets de l’asbl Bah Voyons. L’ensemble de nos concepts a un même objectif : soutenir et promouvoir des formats qui ont plus de difficultés à avoir de la visibilité dans les réseaux commerciaux classiques : le court métrage via le CinéSoupe, le documentaire avec ScreenBox et les artistes locaux et les espaces culturels avec le panier culturel Kilti. Je crée évidemment des liens entre ces différents projets avec toujours la même mission : proposer au public des programmations originales et uniques en dehors des sentiers battus. Chaque projet nourrit l’asbl et me permet d’avoir toujours de nouvelles expériences et découvertes personnelles.

Anne  : J’ai travaillé pendant plus de dix ans pour la promotion du cinéma et plus spécifiquement pour mettre en avant le cinéma documentaire. Mon parcours à travers des festivals cinématographiques mais aussi dans une boite de production ou dans une ONG m’a permis à la fois de découvrir de nombreux films, de nombreux auteurs et leurs points de vue, chaque fois très riche et différent, des influences, et aussi de nombreuses manières de faire… mais m’a permis aussi de me rendre compte de l’importance de l’impact de l’image et de la manière dont celle-ci est véhiculée ou créée. C’est ce bagage qui m’a poussé à créer SparkleBox, association qui propose de communiquer et de diffuser des projets culturels et cinématographiques. Je fais depuis chaque jour de nouvelles rencontres et chaque nouveau projet est à la fois un challenge et une nouvelle jolie aventure.

Comment vous encouragez-vous l’une l’autre ?
Anne & Séverine  : Nous sommes très différentes mais complémentaires ! C’est cela qui fait notre force et nous permet d’aller de l’avant et de nous encourager au quotidien ! Aujourd’hui, nous sommes trois avec Caroline qui nous a rejoint et c’est donc très utile pour se partager le travail toujours croissant mais aussi pour venir à chaque fois avec de nouvelles idées.

Propos recueillis par Luz