35ÈME EDITION DU FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM FRANCOPHONE DE NAMUR

La 35ème édition du FIFF s’est tenue du 2 au 9 octobre 2020. CinéFemme a eu l’occasion de visionner quelques films via la plateforme qui avait été mise en place pour les journalistes.

1982 de Oualid Mouaness (Compétition officielle)

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Pour son premier long-métrage, le réalisateur libanais, Oualid Mouaness, s’est basé sur sa propre expérience pour nous raconter avec une grande sensibilité l’histoire d’un jeune garçon de 11 ans qui décide d’avouer sa flamme à sa camarade de classe le dernier jour d’école, alors que Beyrouth est envahie par les troupes israéliennes. Dans le rôle de l’enseignante, on retrouve Nadine Labaki, réalisatrice du film « Capharnaüm ».
Deux réalités coexistent au sein du film, avec d’un côté ce danger de l’invasion qui se rapproche mais qui reste essentiellement hors-champs avec une manifestation sonore et d’un autre, l’histoire de Wissam (Mohamad Falli) qui angoisse à l’idée d’avouer sa flamme à Joana (Gia Madi). Manquant cruellement de dynamique, le film finit par s’installer dans une sorte d’ennui et de contemplation qui contraste avec l’évènement qui est en train de se jouer, jusqu’à ce que le bruit des explosions et des avions se rapprochent et que la tension devienne palpable. Si les dialogues sont loin d’être exceptionnels, l’image vient renforcer cette faille et en fait un film différent de ce qu’on peut attendre d’un film de guerre avec des enfants.

Une vie démente de Raphaël Balboni et Ann Sirot (Ouverture et compétition officielle)

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Film d’ouverture du 35ème Festival du film francophone de Namur, « Une vie démente » de Ann Sirot et Raphaël Balboni traite avec bienveillance de la maladie. Le film raconte l’histoire d’un couple de trentenaires, Alex (Jean Le Peltier) et Noémie (Lucie Debay), qui sont sur le point d’acheter un appartement en vue de fonder leur famille alors que Suzanne, la mère d’Alex, directrice d’un centre d’art, déclare une maladie neurodégénérative fatale. Cette nouvelle va bouleverser leur plan et ils vont devoir apprendre à trouver un nouvel équilibre face à la maladie.
Dans ce premier long-métrage empli de bienveillance, les réalisateurs souhaitent poser la question de la place de la maladie dans nos vies et dans la société de manière plus générale, le tout avec une pointe d’humour. Malgré le manque de moyens, les réalisateurs parviennent à faire preuve de créativité comme en témoignent, sur le plan visuel, ces scènes de fantaisie où les vêtements des personnages s’accordent avec la couleur et les motifs des murs.

La déesse des mouches à feu d’Anaïs Barbeau-Lavalette (Compétition officielle)

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Pour son troisième long-métrage, la réalisatrice, Anaïs Barbeay-Lavalette, a choisi d’adapter le roman « La déesse des mouches à feu » qui nous raconte l’histoire de Catherine (Kelly Depeault), une adolescente de 16 ans, aux prises avec le divorce de ses parents. En pleine crise existentielle, celle-ci expérimente et se tourne vers la fête et la drogue.
La cinéaste nous livre ici un film percutant sur l’adolescence au milieu des années 90, en optant pour une approche frontale de la mise en scène de la descente aux enfers, tout en filmant avec une grande sensibilité les premiers émois amoureux. Le tout est également ponctué de moments plus légers et poétiques apportant un peu de répit au spectateur.

Slalom de Charlène Favier (Compétition officielle)

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Lys (Noée ABita), 15 ans, vient d’intégrer une prestigieuse section de ski-études. Son entraîneur, Fred (Jérémie Renier) décide de tout miser sur elle. La jeune fille s’investit à fond physiquement et émotionnellement mais bascule rapidement sous l’emprise de Fred.
À travers ce premier long-métrage engagé, Charlène Favier explore la quête de l’excellence sportive d’une adolescente, tout en s’inspirant de son propre vécu. Lys passe par toutes les étapes, de la souffrance aux succès, en passant par les déceptions et les blessures.
Construit tout en nuance, le récit échappe au manichéisme dans le sens où il n’y a pas une victime d’un côté et un bourreau de l’autre même si le film permet de voir comment se construit ce piège de l’emprise autour de cette jeune championne. Fred, l’entraîneur, passe du tout au rien avec elle, des félicitations aux insultes en public. Le film ne laissera pas indemne le spectateur qui en ressortira avec tout un tas de questionnements.

(Nathalie De Man)