Festival des Libertés 08 > 17.10.2026 Théâtre National Wallonie-Bruxelles

Communiqué de presse
Du 8 au 17 octobre 2026, le Festival des Libertés – organisé par Bruxelles Laïque ASBL – investit le Théâtre National Wallonie-Bruxelles pour dix jours de concerts, de théâtre, de cinéma documentaire, de débats et d’expositions. Dans un contexte marqué par les guerres, les atteintes aux libertés et l’accentuation des inégalités, cette nouvelle édition interroge ce qui sidère et paralyse, mais questionne aussi les résistances, les prises de parole et les créations qui remettent les sociétés en mouvement. C’est dans cette tension, entre Stupeur et soulèvements, que s’inscrit la programmation 2026.

Face à la multiplication des informations choquantes, le risque est grand de s’habituer, de se sentir impuissants ou de ne plus savoir comment réagir. La stupeur désigne ce moment où le choc finit par paralyser. L’Histoire montre pourtant que les périodes de peur et de repli font également naître des mouvements collectifs, des prises de parole, des désobéissances et des créations artistiques ou citoyennes qui refusent la fatalité. Sans catastrophisme ni naïveté, le Festival des Libertés interroge ce qui inquiète et ce qui bloque, tout en mettant en lumière les récits, les expériences et les formes de résistance qui retrouver la capacité d’agir, de penser et de créer.

  • Pour approfondir ces enjeux, le Festival propose une quinzaine de rencontres et de débats qui viennent interroger les contours et les piliers de nos démocraties. Quelles entraves pèsent sur la liberté de la presse ? Comment dénoncer les dérives autoritaires au sein de l’institution policière ou faire face au backlash masculiniste ? Il s’agira aussi de prendre de la hauteur, de poser des questions plus éthiques et philosophiques : le système démocratique porte-t-il en lui-même les entraves auxquelles il est censé répondre ? L’affectivité est-elle si déraisonnable à penser en termes politiques ? D’autres rencontres s’attacheront à penser les soulèvements eux-mêmes, dans leurs formes d’action directe, de récit ou de pacifisme. Fidèle à son esprit, le Festival des Libertés entend avant tout inviter le public à agir, à travers plusieurs séances consacrées à la mobilisation, qu’il s’agisse de l’enseignement, du droit à la solidarité, de la lutte sociale contre le crime organisé, du détricotage des droits sociaux, ou encore d’un monde débarrassé de la guerre. Parmi les noms déjà annoncés : le philosophe Geoffroy de Lagasnerie, la journaliste Florence Aubenas ou encore l’anthropologue iranienne Chowra Makaremi.
  • Côté théâtre, trois spectacles font de l’expérience intime un point de départ pour interroger l’Histoire, les normes et les bouleversements politiques. Dans SAMAR, Samar Kokash raconte l’emprisonnement, l’exil et la reconstruction d’une artiste et d’une mère syrienne. Avec L’Infiltré, Océan croise son parcours de transition avec une réflexion sur la masculinité, la blanchité et la transmission. Dressing Room, porté par Bissane Al-Charif, Hala Omran et Waël Ali, donne la parole aux femmes ménopausées à travers une proposition mêlant témoignages, chant et humour.
  • Le Festival célèbrera aussi les libertés en musique avec une programmation audacieuse et diverse. Abd Al Malik ouvre le festival avec Gibraltar, Identités réconciliées, un spectacle mêlant slam, rap, chant, danse et arts visuels. Yuston XIII déploie quant à lui un univers entre ombre, lumière, poésie et fracas. Keziah Jones fait entendre son blufunk, à la croisée du blues, du funk et de ses racines nigérianes, tandis qu’ascendant vierge associe productions pop, rythmes effrénés et paroles tantôt apocalyptiques, tantôt fédératrices. Imany offrira un concert où sa voix singulière mêle soul, folk et pop dans un univers à la fois intime et puissant. La soirée réunissant Blu Samu et 2L mettra à l’honneur deux artistes aux écritures singulières, qui font du rap un espace d’expression, de liberté et de réinvention. Marcel Khalifé revient à Promises of the Storm, son interprétation des poèmes de Mahmoud Darwish portée par le oud, et Altın Gün fait dialoguer grooves psychédéliques, funk anatolien et traditions populaires turques. Le Festival se clôturera avec une double affiche roots réunissant Sister Carol, figure du reggae et du dancehall conscient, et Cimarons, pionniers du reggae britannique issus de la diaspora jamaïcaine.
  • Autre pan majeur du festival, la compétition des films documentaires rassemble cette année une vingtaine de films. Plusieurs projections sont accompagnées de rencontres avec les cinéastes et les protagonistes, afin de prolonger les réflexions au-delà de l’écran. La guerre et ses conséquences traversent une large part de la programmation : à Gaza, un clown continue de jouer pour les enfants malgré les bombardements ; à Bagdad, des habitants tentent de reconstruire leur mémoire collective à travers l’histoire du zoo et de ses lions ; en Ukraine, avec l’épuisement provoqué par l’exposition continue aux images de guerre sur les réseaux sociaux. D’autres récits éclairent des formes de résistance plus intimes ou souterraines : le cercle de lecture clandestin de jeunes Afghanes à Kaboul, les parcours migratoires depuis le Cameroun ou encore le non-accueil européen. La programmation s’attarde aussi sur les dérives idéologiques contemporaines, du complotisme et de l’extrême droite dans la sphère du bien-être, à la répression politique en Russie. La sélection 2026, à l’image des précédentes, tend à dessiner une cartographie sensible des combats et des résiliences de notre temps, entre exil, genre, mémoire coloniale et langues menacées.
  • Deux expositions complètent la programmation. Avec The Nemesis Machine, l’artiste britannique Stanza imagine une ville cybernétique qui réagit en temps réel aux données de son environnement. Constituée de composants électroniques, de capteurs et d’images des visiteurs, cette installation immersive interroge les villes intelligentes, la surveillance, l’intelligence artificielle et notre dépendance croissante aux technologies connectées. Entre fascination et inquiétude, elle questionne les frontières de la liberté dans un monde gouverné par les données. Avec Critical Minerals – Geography of Energy, le photographe italien Davide Monteleone explore les conséquences géopolitiques, sociales et environnementales de la transition énergétique. Il révèle les paysages, les mines et les communautés au cœur de l’extraction des minerais indispensables aux technologies vertes, invitant à réfléchir au coût humain et écologique de notre avenir énergétique.

Politique. Artistique. Festif. Subversif. Comme chaque année, le Festival des Libertés mobilise toutes les formes d’expression pour résister, témoigner, rassembler.

INFORMATIONS PRATIQUES

Festival des Libertés
08 > 17.10.2026

Théâtre National Wallonie-Bruxelles
Boulevard Émile Jacqmain 111-115
1000 Bruxelles

www.festivaldeslibertes.be