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Jim Queen

Marco Nguyen & Nicolas Athané

Alex Ramirès, Jérémy Gillet, Shirley Souagnon

85 min.
24 juin 2026
 Jim Queen

“Jim, icône sexy de la scène gay parisienne, voit sa vie basculer lorsqu’il contracte l’Hétérose, un étrange virus qui transforme les hommes gays… en hétérosexuels ! Il voit alors tout le monde lui tourner le dos à l’exception de son dernier follower (et premier admirateur), Lucien, un jeune homme qui peine à s’assumer.”
Jim Queen, c’est le genre de film qu’on aimerait voir beaucoup plus souvent. Un film queer nécessaire, qui plonge avec humour et irrévérence dans la communauté gay parisienne.

Présenté en séance de minuit au Festival de Cannes 2026, le film a reçu un accueil enthousiaste. Et quand on le découvre, on comprend facilement pourquoi. Après un parcours de production compliqué et des difficultés de financement, cette production du studio d’animation Bobbypills poursuit aujourd’hui son chemin vers une reconnaissance largement méritée. Il s’agit d’ailleurs d’une coproduction belgo-française, preuve que ce type de projet peut exister grâce à des collaborations ambitieuses.

En suivant Lucien, un jeune homme gay encore dans le placard, Jim Queen nous entraîne dans une véritable exploration de la communauté gay parisienne. Comme le personnage découvre lui-même cet univers, le spectateur avance avec lui. Les références et les codes du milieu sont amenés avec suffisamment de naturel pour que chacun puisse les comprendre. C’est ce qui le rend profondément inclusif : il parle de la communauté LGBTQIA+, mais il s’adresse en réalité à tout le monde.
Et puis, qu’est-ce qu’on rit ! Jim Queen est un festival de références, de clins d’œil et de blagues qui s’enchaînent avec une énergie communicative. Son humour est volontiers satirique, parfois provocateur, et il n’hésite pas à choquer ou à bousculer. Personne n’est épargné, justement parce que le film préfère rire avec plutôt que rire de.
Enfin, derrière son humour décapant et son second degré omniprésent, Jim Queen porte un véritable discours politique. Il interroge les identités, les normes et les préjugés, sans jamais sacrifier le plaisir du spectacle. C’est précisément cet équilibre entre comédie débridée et propos engagé qui en fait un film aussi réjouissant qu’essentiel.

Flore Mouchet