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THE GOOD SISTER

Sarah Miro Fischer

Anton Weil, Marie Bloching, Proschat Madani, Laura Balzer…

96 min.
17 juin 2026
THE GOOD SISTER

Assistante infirmière en gynécologie, Rose (Marie Bloching) entretient une relation fusionnelle avec son frère Sami (Anton Weil), chef cuisinier. Leur complicité apparaît dès les premières minutes du film. Après une rupture amoureuse douloureuse qui la laisse sans logement, Rose trouve refuge chez son frère. Elle s’endort dans sa chambre, à ses côtés. Cette proximité affectueuse et spontanée est ensuite montrée à plusieurs reprises : dans leurs gestes du quotidien, leurs jeux, leurs moments de tendresse. Sarah Miro Fischer prend soin d’installer ce lien fraternel avec naturel, lui donnant une importance particulière pour la suite du récit.

Cette douceur laisse rapidement place à la colère et à l’incompréhension lorsque Rose est citée à comparaître dans le procès de son frère, accusé de viol. Cette nuit-là, elle dormait dans le salon lorsque Sami est rentré avec Eliza (Laura Balzer). Ce qu’elle a entendu ne lui semblait alors guère ambigu : des rapports sexuels, certes, mais rien qui puisse lui faire imaginer une agression.

Peu à peu pourtant, la certitude cède la place au doute. Rose s’interroge sur ce qu’elle a réellement entendu, sur l’homme qu’est véritablement son frère et sur ce qu’elle doit faire pour rester fidèle à ses convictions. Entre loyauté familiale et exigence morale, son conflit intérieur devient le véritable moteur du film.

Avec ce premier long-métrage, présenté notamment à la Berlinale et au Festival de San Sebastián, Sarah Miro Fischer signe un drame psychologique solide et stimulant. Là où de nombreux récits de ce type se concentrent sur la victime ou sur l’accusé, la réalisatrice choisit de placer le spectateur aux côtés du témoin. À travers le regard de Rose, elle explore les mécanismes du doute, les angles morts de l’affection et la difficulté de concilier amour et justice.

Sans révolutionner le genre, le film parvient à poser une question aussi inconfortable qu’essentielle : que ferions-nous si la personne accusée était notre propre frère ? C’est dans cette interrogation, universelle et profondément dérangeante, que réside toute sa force.

Astrid De Munter