Colas Quignard, Suzanne Gerin, Mitia Capellier-Audat
Rien de tel que de se plonger dans l’obscurité d’une salle obscure, découvrir un film sur quelques recommandations enjouées et ressortir de la séance bouleversé(e). Si vous vous laissez embarquer, vous aurez peut-être la chance de ressentir La Gradiva, comme le film invite à être vécu.
Premier long-métrage de la directrice de la photographie Marine Atlan (qui a travaillé notamment sur les films Les reines du drame, L’engloutie ou encore Le Ravissement), on suit un groupe d’adolescents en voyage scolaire à Naples.
Un synopsis simple, une histoire que l’on pense avoir vu des dizaines de fois. Et pourtant, La Gradiva se distingue par la singularité de son oeuvre. Difficile de mettre des mots sur ce qui différencie ce film de ces prédecesseurs. D’aucuns le verront peut-être comme aussi banal que les autres. Mais pour celles et ceux qui auront l’occasion de se laisser emporter émotionnellement par son récit, l’expérience pourrait bien se révéler tout autre.
Une mise en scène particulièrement belle, une histoire qui nous entraîne malgré nous, et une poésie qui se mêle à un réalisme brut, celui d’une génération Z en pleine construction. Mais le film s’apprécie moins pour ses qualités artistiques et techniques que pour ce qu’il nous fait ressentir. Il se vit et se ressent plus qu’il ne s’explique, comme une parenthèse douce-amère au cœur de l’Italie, nous plongeant dans l’intériorité d’une classe où se côtoient différences, divergences et petits comme grands tracas de la vie adolescente.
Une petite beauté absolument étonnante et impactante, qui sort en salles à un moment symbolique. Présenté il y a quelques mois à Cannes, où il avait fait grand bruit dans le cadre de la Semaine de la Critique, le film trouve aujourd’hui un écho particulier dans l’actualité, alors que les mobilisations étudiantes occupent le devant de la scène.
Flore Mouchet