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Fuori

Mario Martone

Valeria Golino, Matilda De Angelis, Elodie

115 min.
7 janvier 2026
Fuori

Rome, années 80. Goliarda Sapienza voit son roman L’Art de la joie, écrit depuis dix ans, rejeté par tous les éditeurs. Brisée, elle commet un vol et est emprisonnée. En détention, puis après sa libération, ses rencontres avec d’autres femmes ravivent son désir de vivre et d’écrire.

Sur le papier, Fuori avait tout pour devenir un portrait puissant de l’écrivaine et
militante italienne. Pourtant, Mario Martone choisit un récit éclaté, non linéaire, qui peine à nous passionner, pire, qui m’a fait perdre toute l’attention obtenue dès le début du long-métrage. L’intrigue se disperse, et malgré de belles intentions, il devient difficile de s’accrocher ou même de suivre le fil du récit.

Les actrices, Valeria Golino et Matilda De Angelis, livrent des performances solides. Mais elles ne suffisent pas à compenser le problème de rythme et de forme. Amatrice de récits imbriqués, j’ai pourtant ici ressenti une vraie lassitude : le rythme inégal finit par desservir le propos plutôt que de l’enrichir.

Fuori n’est pas dépourvu de qualités : il parvient à faire exister Rome, dont les rues deviennent un décor vivant, et la relation entre Goliarda et la jeune Roberta suscite un réel intérêt, du moins en première partie du film. En revanche, les autres liens féminins, pourtant annoncés comme centraux, restent largement sous-exploités. À l’exception du personnage incarné par Elodie, dont la présence demeure malgré tout assez peu marquante, ces relations peinent à trouver une véritable épaisseur.
Fuori laisse ainsi un goût d’inachevé, celui d’un film qui passe à côté de son sujet et de son potentiel, desservi par un récit mal agencé.

Flore Mouchet