Bella Kim, Roschdy Zem, Park Mi-hyeon
Il est des films qui captivent par leur atmosphère, qui tissent un voile de mystère et d’introspection autour de leurs personnages. « Hiver à Sokcho », adaptation du roman éponyme d’Élisa Shua Dusapin, et premier long-métrage du réalisateur franco-japonais Koya Kamura, appartient à cette catégorie d’œuvres singulières, où la retenue et le silence en disent autant que les mots.
Nous sommes à Sokcho, petite ville balnéaire en Corée du Sud, en plein hiver. La neige, le vent et les vagues composent une toile de fond mélancolique, où l’on suit le quotidien de Soo-ha, une jeune employée dans une pension modeste, qui voit son quotidien bouleversé par l’arrivée d’un illustrateur français, Yan Kerrand, venu chercher l’inspiration.
Amenée à lui faire découvrir sa ville, Soo-ha sera troublée par cet homme taciturne et énigmatique, dégageant un sentiment d’étrangeté et de distance. Le rythme contemplatif qui accompagne ces deux âmes solitaires, est ponctué de regards fuyants, de gestes contenus et d’une tension qui s’installe tel un désir inassouvi. Prenant vie dans l’imaginaire de la jeune femme, les dessins à l’encre de chine que Yan produit dans une frénésie chargée de sensualité, animent ce que la photographie ne peut montrer.
La mise en scène sublime la grisaille hivernale de Sokcho pour en extraire une poésie délicate et immersive. « Hiver à Sokcho » est un film d’atmosphère, une ode aux émotions feutrées et aux désirs à peine effleurés, qui séduira les amateurs de cinéma contemplatif et de récits empreints de mélancolie. Un voyage sensoriel et intérieur, où le froid de l’hiver laisse éclore une chaleur insoupçonnée.
Luz