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L’ attachement

Carine Tardieu

Pio Marmaï, Valeria Bruni Tedeschi, Vimala Pons et Raphaël Quenard

106 min.
19 février 2025
L' attachement

Une ville française, deux appartements sur un palier, aux petites heures du matin : Alex (Pio Marmai) et Cécile doivent se rendre à l’hôpital pour l’accouchement et demandent à Sandra (Valeria Bruni Tedeschi), leur voisine, de garder leur fils, Elliott (César Botti), âgé de six ans.
Sandra, la cinquantaine , est une femme profondément indépendante, sans vraiment d’attaches, qui a choisi de vivre seule et de consacrer son temps à sa librairie féministe. Valeria Bruni Tedeschi parle du fait qu’elle se reconnaissait » dans son instinct de survie, dans la façon dont elle s’est forgé une carapace pour ne pas souffrir. Et Il y a eu des périodes de ma vie où j’ai été comme ça. »
Cette demande qu’elle ne peut refuser va bouleverser sa vie et la précipiter dans l’intimité de cette « famille de palier » désormais détruite par la mort de la maman mais aussi pleine d’une nouvelle vie avec l’arrivée de la petite « Lucille ».
Le film est réalisé par Carine Tardieu, qui a aussi écrit le scénario avec Agnès Feuvre et Raphaële Moussafir d’après le roman « L’intimité » d’Alice Ferney, paru en 2020 chez Actes Sud. On retrouve avec L’attachement un thème cher à la réalisatrice : dans son dernier film « Les jeunes amants », que j’avais beaucoup aimé, elle analyse, avec tant de justesse, l’histoire de Shauna, 70 ans, une femme libre et indépendante qui, ayant mis sa vie amoureuse de côté, se laisse troubler par le désir d’un homme plus jeune.
Dans ce film, par petites touches, sur le thème de l’attachement, Carine Tardieu aborde les thèmes de la paternité, de l’amitié, de l’amour mais aussi celui des sentiments qui peuvent lier un enfant à une personne qui n’est pas sa mère, alors que sa mère est morte. Tout se passe dans les non-dits, dans les regards échangés, dans les sourires.
Le film est construit en douze chapitres rythmant l’âge de Lucille pendant deux ans. Au début, on peut se demander pourquoi car la petite Lucille n’est pas l’élément central. Mais cette construction permet de faire s’entrecroiser autour d’Alex, Sandra et Eliott , une série de personnages qui ont tous une importance dans l’attachement de Sandra à cette famille : le père pas très stable d’Eliott (Raphaël Quenard) et la nouvelle compagne d’Alex (Vimala Pons).
« Je suis juste la voisine » dit Sandra exprimant par là qu’il suffit parfois d’une rencontre, d’un hasard pour que nous redéfinissions notre vision de la vie.
Allez voir ce film qui analyse subtilement les ressorts de l’attachement sous toutes ses formes. Laissez-vous porter par le jeu très juste de Pio Marmai, de Valeria Bruni Tedeschi toute en retenue et délicatesse et du jeune César Botti .

France soubeyran