Vicent Lindon, Emmanuelle Devos, Quentin Challal...
"La permission de minuit" relate une histoire d’amitié hors du commun. Celle de Romain, 13 ans et David, 50 ans ; l’un est un ’enfant de la lune’, atteint d’une maladie génétique rare qui l’empêche de s’exposer à la lumière du jour, l’autre est un chirurgien spécialisé en dermatologie, passionné par son métier, qui soigne Romain depuis une dizaine d’années. Abandonné par son père, Romain trouve en David non seulement un ami et confident mais aussi un père de substitution. Lorsque David apprend qu’il a obtenu une mutation qu’il n’attendait plus, il ne sait pas comment annoncer la nouvelle à Romain et redoute la séparation. Séparation qui se présente comme une réelle épreuve aussi bien pour l’un que pour l’autre…
Malgré un sujet qui pourrait sembler tire-larmes, le film ne sombre jamais dans le mélo ni dans le débordement de bons sentiments. Car la mise en scène de Delphine Gleize se révèle sobre, sans pathos, et pleine de pudeur. Au niveau scénaristique, c’est surtout l’histoire d’amitié qui intéresse la réalisatrice, bien plus que la maladie. Et même si il aborde le sujet de la mort, "La permission de minuit" n’est jamais morbide, au contraire, le film déborde de vie, à l’image de cet adolescent qui découvre les premiers émois amoureux et qui malgré le handicap de sa maladie veut profiter de la vie du mieux qu’il peut.
La prestation de Vincent Lindon est bien sûr excellente, mais c’est surtout le jeune Quentin Challal qui crève l’écran, la qualité de son interprétation est d’une justesse et d’un naturel étonnants pour ses 13 ans !
Bien que réussi dans l’ensemble, le film perd en intensité lorsqu’il s’éloigne de l’intrigue principale concernant la relation entre les deux protagonistes. On peut aussi remarquer quelques longueurs regrettables dans la deuxième moitié du film. Néanmoins, " La permission de minuit" reste une belle œuvre qui touchera les jeunes et les moins jeunes.
Nadia Vodenitcharov