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Coup de coeurLE PRESIDENT

Yves Jeuland

Georges Frêche, Laurent Blondiau, Frédéric Bort...

98 min.
3 juillet 2011
LE PRESIDENT

Quel histrion !

 

Enfoncées la fiction de Xavier Durringer « La conquête du pouvoir » ou la farce de « Pater » d’Alain Cavalier avec ce documentaire à la fois distant et vitriolant dans lequel Yves Jeuland nous montre que s’impliquer dans un sujet n’est pas s’y assujettir. Et nous y assujettir.

Pas de commentaire, de voix off ou d’interviews qui viennent distraire de ce qui est visualisé.

Un homme fatigué, un homme excommunié de son parti, le PS, un homme grotesquement sincère (ou sincèrement grotesque) en campagne dans sa circonscription, la région Languedoc-Roussillon, pour le renouvellement de son mandat de président.

Histoire sinistre qui ne grandit ni la politique, ni ceux qui la font.

Histoire de toutes les roublardises, de toutes les audaces populistes et de tous les mensonges pour asseoir un pouvoir que l’on ne veut pas ou que l’on ne sait pas lâcher.

Finalement histoire pathétique d’un pauvre mec qui se ronge les ongles, bourré autant de cholestérol que de mauvaise foi, avide de reconnaissance et dont on se peut se demander si la crise cardiaque qui l’a terrassé un jour d’automne 2010 ne fut pas, pour lui aussi, un soulagement.

Car comment, après autant de discours foireux, d’attitudes retorses, de cynisme avoué, avoir encore de soi et pour soi une once d’estime ?

Personnage qui se voulait hors de toute déontologie ou morale, on pourrait dire de lui, paraphrasant le célèbre vers de Beaumarchais (*) « il fallait un calculateur, ce fut un danseur qui l’obtint », « il fallait un président, ce fut un « coquin » qui fit l’affaire ».

Ce qui semble-t-il a peu gêné les électeurs qui ont assuré sa réélection.

Comme quoi finalement en France (et ailleurs aussi sans doute) beaucoup de choses, y compris les plus sérieuses, se terminent en queue de poisson ou en attrape nigauds.

Le film fera l’objet d’une adaptation, cet automne, en télévision sous une forme allongée : 2 soirées de 52 minutes.

Finalement on ne se lasse jamais des histoires hénaurmes et hors normes. (mca)

(*) in "Le mariage de Figaro" acte V scène 3