Hélène Vincent, Josiane Balasko, Ludivine Sagnier, Pierre Lottin
Michelle est amie avec Marie-Claude depuis des années. Son quotidien à la campagne se partage entre le soin de sa maison, les rendez-vous avec son amie de longue date et quelquefois la visite de sa fille, Valérie et de son petit-fils. Mais cet automne, rien ne se passe comme prévu ...
François Ozon est de retour sur nos écrans pour la cinquième année consécutive. Un film par an, le cinéaste ne chôme pas, c’est sûr. Été 85, Peter von Kant ou Mon crime en 2023, Ozon propose une panoplie de films, et ce depuis le début de sa carrière. C’est pas moins de 19 longs-métrages qu’il a réalisé depuis le succès critique de Sous le sable qui l’a fait connaitre en 2000. Rien que ça. Au détriment de la qualité ? L’œuvre d’Ozon est assez inégale, nous offrant de vraies réussites (Huit Femmes, Frantz, Grâce à Dieu) et d’autres films plus moyens (Ricky, L’Amant double, Peter Von Kant).
Une qualité irrégulière qui semble logique lorsqu’on parle d’un artiste prolifique ; est-il possible, même pour les plus talentueux, de proposer des œuvres absolument géniales dans un délai court ? D’un point de vue tout à fait personnel, il me semble que la réponse est non et le dernier film d’Ozon, Quand vient l’automne, en est la preuve (tout comme le sont certains de ses prédécesseurs).
Son scénario, véritable point faible de l’œuvre, semble avoir été écrit en vitesse. L’idée trottait peut-être dans la tête de son scénariste et metteur en scène depuis des décennies mais le résultat final est décevant : une histoire aux rebondissements inattendus mais peu convaincants ainsi qu’un recours aux simplicités scénaristiques qui permettent de finaliser les conflits. Quand vient l’automne aurait pu être une œuvre intéressante sur la vieillesse mais se perd à la place dans une intrigue parfois fantasque.
Ce qui sauve le film, ce sont ses personnages, notamment celui interprété par Hélène Vincent, Michelle, une grand-mère affectueuse pour qui on ressent sans difficulté des sentiments positifs. Mais de manière générale, les personnages sont peu (ou mal) développés et certaines relations à peine effleurées. Les thématiques sont là (la famille, la vieillesse et la solitude sous-jacente, le deuil, etc.) mais trop nombreuses peut-être, pataugeant dans un long-métrage sans rythme.
Ozon nous a habitué à mieux, difficile d’être captivé par Quand vient l’automne. On en serait presque à se demander quand vient la fin, du film, mais heureusement, il parvient quand même à nous intéresser jusqu’au bout et à nous réconforter avec un dénouement bien exécuté.
Flore Mouchet